mercredi 26 novembre 2008

Visite de Google

J'ai profité de ce weekend pour me balader dans la Silicon Valley et découvrir un peu les sièges des différentes start-ups qui défraient la chronique et font la réputation de ce lieu. La région au sud de San Francisco qui environne l'université de Stanford, comprend en effet les entreprises Yahoo, Google et Microsoft, les soeurs ennemies toutes situées à Mountain View à quelques miles de distance (le vrai siège social de Microsoft est toutefois situé à Redmond près de Seattle); Apple et Symantec à Cupertino, Hewlett-Packard et Sun microsystems à Palo Alto; Cisco, Adobe et Ebay à San Jose; Intel à Santa Clara et enfin toutes les entreprises d'énergie solaire à Sunnyvale (la ville porte bien son nom). Pour information, "sun" signifie en fait "Stanford university network" et l'entreprise sun microsystems a été créée par des anciens élèves.



Bien évidemment, je n'ai pas fait l'ensemble des sièges et la plupart n'ont pas grand intérêt. Je me suis principalement baladé dans Sunnyvale avec Thomas Coquil, qui m'a rejoint pour le weekend depuis Los Angeles, et qui envisage de travailler dans des start-ups dans le domaine de l'énergie solaire. Mais nous avons surtout voulu visiter le campus de Google qui est réputé pour être l'un des endroits les plus incroyables au monde pour travailler (vous avez une belle vue aérienne sur la photo du dessus)



Google est en effet numéro un incontesté pour les conditions de travail selon une enquête réalisée aux USA par le magazine Forbes. Les avantages sociaux et matériels sont impressionnants:

-vous pouvez consacrer 20% de votre temps de travail rémunéré par Google sur des projets indépendants (c'est comme ça que gmail a été créé)
-la nourriture et les repas sont gratuits
- piscine, mur d’escalade, billards, tables de ping-pong, jeux vidéos, terrain de beach volley à disposition
- des soirées sont organisées toutes les semaines avec des groupes de musique invités
- navettes gratuites avec wi-fi depuis Google qui desservent 5 lieux dans la baie de San Francisco
- accès à des vidanges d’huile et des lavages pour votre auto directement sur le parking
- vous achetez une voiture hybride, Google vous donne 5000$
- des coiffeurs sur place
- vous référez un ami qui entre chez Google, on vous donne 2000$
- vous venez d’avoir un bébé, Google vous rembourse 500$ de nourriture à emporter pour les premières semaines
- Gym et massages sur place
- vous pouvez suivre sur place des cours de Mandarin, Japonais, Espagnol et Francais
- vous pouvez laver vos vêtements gratuitement sur place
- des notaires sur place
- accès aux soins pour enfants et garderie, 5 médecins à disposition sur le site, gratuitement bien sûr!
- les chiens sont acceptés sur le lieu de travail s’il n’y a pas de personnes allergiques ; mais attention à la première plainte le chien sera interdit
- une bibliothèque mobile
- vous pouvez recevoir des prix pour vos travaux personnels comme Niniane Wang une employée de 27 ans qui a recu 1 million de dollars pour avoir créé un programme qui cherche sur les ordinateurs (Google desktop)
- Il n’y a pas de congés sabbatiques mais Google songe à en instaurer un
- des bonus et des stock-options.



Google recoit 1300 CV chaque jour, si vous voulez tenter votre chance vous pouvez toujours postuler....




Google entend prouver ainsi que les salariés sont d'autant plus performants lorsqu'ils sont chouchoutés sur leur lieu de travail. Fantaisie, attraction et humour sont au menu tous les jours. Le crédo est: "travail, performance et bonne ambiance". Comme l'entreprise souhaite que ses salariés passent un maximum d'heures à travailler tout en étant productifs, tout est fait pour atténuer la séparation entre vie professionnelle et vie privée en créant une sorte de mini-ville qui peut répondre à tous les désirs, même les plus fous. Les cadres de chez Google sont libres de décorer leur bureau comme bon leur semble (parcours de mini-golf, tobbogan, posters, jouets,...), ce qui permet de stimuler leur créativité, et peuvent participer sur leur lieu même de travail à un nombre incroyable d'activités. Certains reviennent même le samedi (j'étais là pour le voir) pour faire leur gym chez Google. Si ce n'est pas de la dévotion pour son travail...
Enfin, vous connaissez beaucoup d'entreprises qui ont un dinosaure de Jurassic Park dans la cour et un terrain de beach-volley pour se détendre à la pause de 12h?

J'avoue que je suis farouchement opposé à ce principe d'atténuer les différences entre vie professionnelle et vie privée mais force est de constater que cela fonctionne et que certaines idées sont assez intéressantes. Le fait de laisser un peu de liberté aux employés pour créer leur environnement et de développer des activtés au sein de l'entreprise participe grandement à la bonne ambiance qui règne chez Google.

Pour plus d'informations, il y a de bonnes vidéos sur Youtube:
Je pars demain à Seattle pour quatre jours avec Mathilde et j'enchaîne ensuite avec mes deux semaines terribles d'examens. Je risque donc à mon corps défendant de délaisser mon blog pendant quelques semaines.... pour revenir encore plus fort à la rentrée.

Lolomobile

Enfin, je viens d'acquérir le moyen de m'évader du campus et de ne plus être dépendant de mes colocataires. Après trois mois d'hésitations, j'ai finalement acheté avec mon copain Vincent le Biez une voiture d'occasion, une Honda Accord coupé EX V-tech engine (pour les connaisseurs) pour la modique somme de $3000. La belle japonaise n'est plus toute jeune puisqu'elle est sortie de l'usine en 1996, un grand millésime pour les Honda Accord, et affiche déjà 180 000 km au compteur. On pouvait difficilement dégoter mieux dans cet ordre de grandeur de prix. L'avenir nous dira si nous avons fait une affaire mais le deal paraissait très honnête.


Pour information, le marché de l'automobile est extrêmement fluide aux USA. Les ventes de voitures d'occasion de particulier à particulier se font extrêmement facilement par l'intermédiaire du site craiglist, l'équivalent d'un moteur de recherche qui permet de repérer toutes les annonces dans le voisinage. Il faut être très réactif prêt à bondir sur la moindre occasion. On trouve un nombre incroyable d'annonces pour des voitures en dessous de $5000, ce qui paraît inconcevable en France. Il faut dire que les Américains entretiennent bien leur bébé et les japonaises sont par ailleurs des voitures réputées pour leur résistance. On est cependant jamais à l'abri de se faire arnaquer ou d'avoir un pépin mécanique au bout de quelques mois.


Mais bon, comme je vais seulement rester jusqu'à fin juin, le risque est assez faible et on a également des chances non nulles de la revendre à un prix équivalent.

Tous les Français de Stanford ont ainsi choisi cette option de prendre une vieille voiture d'occasion bon marché et pour l'instant on compte peu de problèmes. Si j'ai eu la patience d'attendre la venue de Vincent pour acheter la voiture (c'est toujours mieux de partager les frais), il m'était difficile de continuer plus longtemps sans moyen de locomotion. Le campus de Stanford est en effet tellement grand que le plus proche supermarché est relativement éloigné en vélo. Sans compter qu'il n'est jamais pratique de ramener ses courses sur le porte-bagage d'une bicyclette. Et puis, les transports en commun, malgré quelques lignes de bus, ne sont bien évidemment pas au niveau de la France. La voiture est donc quasiment indispensable dès que l'on veut se balader dans la région.

Nous avons acheté notre Honda à une chinoise qui partait pour la France à Orléans. Le paiement se fait toujours en cach et on a donc l'impression de vivre un film de gangster lorsque l'on débarque avec l'enveloppe contenant les coupures de $100. Une fois la voiture achetée, que j'ai décidé de baptiser la "Lolomobile", direction le DMV pour l'enregistrer et payer la taxe de 8% et l'agence d'assurance AAA pour être en règle. Il me reste enfin trois semaines pour passer le permis californien. Le permis français n'est en effet pas suffisant lorsque l'on achète une voiture en Californie (la règle est la même si on vient d'un autre Etat des USA). Heureusement, le permis ici ne coûte que $26 et il faut seulement une demi-journée pour passer le code et l'examen de conduite. La différence avec notre système est assez hallucinante. Ce n'est donc qu'une formalité à régler.

J'en ai profité dès le premier soir pour me balader dans Palo Alto et je commence déjà à sentir le souffle de la liberté et l'envie de faire un petit road-trip en Californie avec ma "Lolomobile". C'est finalement la première voiture que je possède et j'espère qu'on va vivre de bons moments ensemble!

mardi 25 novembre 2008

Thanksgiving

Avant d'attaquer la dernière ligne droite avec la "dead week" et la semaine des "finals", Stanford accorde généreusement une semaine de vacances à ses étudiants pour fêter Thanksgiving en famille. Cette fête est célébrée le dernier jeudi du mois de novembre, l'un des rares jours fériés légaux aux USA, et les Américains font dans leur grande majorité le pont pour passer un weekend prolongé en famille. Le vendredi suivant Thanksgiving marque ainsi traditionnellement le début des achats de Noël, d'où son nom de "vendredi noir" car les magasins sont généralement pris d'assaut.

Le plus amusant est que les Américains que j'ai interrogés étaient incapables de me donner l'origine de Thanksgiving. Je ne vais toutefois pas leur jeter la pierre car je pense que la majorité des Français n'ont pas la moindre idée de la signification de Pâques ou de la Pentecôte, bien que la défense de ces acquis soit un objet de lutte farouche. J'ai donc mené ma petite enquête sur wikipedia et il se trouve que cette tradition remonte au périple des premiers pélerins puritains britanniques du Mayflower débarqués à Plymouth en 1620 où ils fondèrent une ville homonyme. Un hiver difficile et leur peu de connaissance en agriculture provoqua la mort de la moitié d'entre eux. Heureusement, le chef d'une tribu d'indiens apporta de la nourriture aux colons au printemps et leur enseigna quelques techniques. Lorque la première récolte fut obtenue à l'automne de l'année suivante, le gouverneur décréta trois jours de prière et invita les indiens et leur chef à venir partager leur repas en guise de remerciement et d'amitié. Des dindes et des pigeons furent servis à l'occasion. L'amitié entre colons et indiens a ensuite connu quelques péripéties au cours de l'histoire qui expliquent sans doute le trou de mémoire des Américains à ce sujet...


La fête a ensuite évolué rapidement vers une célébration à connotation religieuse pour remercier le seigneur des récoltes de l'année. La plupart des Etats américains l'ont peu à peu adoptée et Lincoln décida en 1863 que ce jour serait officiellement dédié aux prières et à Dieu dans l'ensemble du pays. Le congrès l'instaura définitivement comme jour férié en 1941.




Cette fête est aujourd'hui principalement l'occasion de se retrouver réunis en famille avant Noël autour d'un menu typique: la fameuse dinde avec farce accompagnée de "mash patatoes" et de légumes, puis la tarte à la citrouille que je n'ai pas encore eu l'opportunité d'essayer. Bref, le campus de Stanford paraît bien morose en ce début de semaine de Thanksgiving (les étudiants bénéficient de la semaine entière et pas seulement du jeudi et du vendredi) et j'ai hâte de partir mercredi soir à Seattle avec Mathilde. Je vous raconterai mon voyage dans un prochain article.

vendredi 21 novembre 2008

Les cours à Stanford et le design

Afin que vous ne croyiez pas que je suis uniquement en Californie pour le tourisme et les tournois de beer-pong, je vais vous parler de la scolarité à Stanford qui structure la majeure partie de mon emploi du temps de la semaine et même du weekend.

Le concept est simple: chaque élève "Graduate student" suit un programme de Master dans un département (engineering, humanities, law, business school,....). Mais Stanford laisse une marge de manoeuvre importante pour diversifier son cursus. En tant qu'élève en Mechanical engineering, j'ai l'obligation de prendre la moitié de mes cours en mécanique mais je peux ensuite prendre un cours de biologie, d'économie, de sport, de littérature du Moyen-âge ou de dégustation de vin (je vous promets que tous ces cours existent). Les professeurs nous encouragent même dans cette voie pour essayer de diversifier nos centres d'intérêt et trouver notre voie.

Seul impératif, avoir 45 units à la fin (un cours représente en moyenne 3 units). Afin de ne pas trop se tuer à la tâche et pour pouvoir concilier un travail de recherche ou un "teaching assistanship" permettant de payer une partie des études, les élèves choisissent en majorité d'étaler leur Master sur cinq trimestres, soit un an et demi. Ce qui bien évidemment augmente aussi le coût de la scolarité. A titre personnel, le choix ne m'était pas offert car je dois être rentré en juin prochain pour effectuer un stage d'un an en entreprise. Je me retrouve donc devoir prendre mes 45 units en seulement trois trimestres, ce qui est selon les termes de mon advisor "doable but not recommended". La charge de travail est ainsi très intense et me rappelle parfois des souvenirs des années en classe préparatoire (avec la pression en moins et le soleil en plus, ce qui n'est pas rien!).
A titre d'exemple, je suis actuellement (à mon regret) deux cours de mathématiques, qui correspondent à des impératifs de mon département dont je voulais me débarrasser au plus vite. J'ai en revanche un cours de finance de la business school qui est passionnant et fort instructif en cette période de crise, et enfin un projet de design qui constitue le noyau central de ma scolarité et sur lequel je reviendrai plus loin.

Chaque cours d'engineering exige une charge de travail continue avec un homework toutes les semaines qui prend entre 4 et 6h. Le cours doit être régulièrement travaillé et on a deux examens au cours du trimestre: le midterm et le final. La note finale est une moyenne pondérée de tous les résultats obtenus pour les homeworks et les examens.

Dans le cas du cours de finance, la participation est même évaluée puisque les élèves doivent acheter en début d'année une télécommande qui leur permet de répondre à des QCM pendant le cours. Un histogramme est ensuite automatiquement affiché sur le slide de la présentation ce qui permet de connaître les résultats de la classe en direct.

Les cours à Stanford sont vraiment high-tech! La plupart sont filmés ce qui permet ensuite de revoir le cours sur Internet et chaque cours dispose d'un website sur lequel on peut récupérer tous les supports d'enseignement. J'ai même assisté à un cours où deux professeurs parlaient alternativement en visioconférence depuis deux endroits différents et échangeaient avec les élèves. On est loin du tableau noir et des transparents! Je sais que je vais rendre certains nostalgiques.


Concernant la validation, je ne vais pas déjà me risquer à crier victoire trop tôt mais il y a en général très peu d'échec. Vu le prix exhorbitant de la scolarité, les élèves sont tous incités à travailler dur et il est également difficile pour un professeur de se montrer sévère sur la notation. Il y a donc une sorte de contrat implicite qui veut que les élèves sont certains de valider s'ils fournissent le travail demandé. La sélection étant par ailleurs rude à l'entrée, on trouve peu d'élèves qui n'aient pas le niveau requis et la barrière de langue dans le cas de cours scientifiques est aisément surmontable.

En arrivant à Stanford, j'étais en pleine crise existentielle car je commençais à être dégoûté de la mécanique. Après avoir un moment rêvé de construire des avions, je me suis rendu compte que je ne pouvais supporter de faire des simulations numériques dans un bureau d'étude et la résistance des matériaux devenait peu à peu à mes yeux aussi intéressante qu'un concerto baroque de clavecin (Mathilde pourra confirmer). Bref, changement de stratégie mais impossible de changer de département à Stanford. Comme je n'avais aucune intention d'abandonner mon rêve californien, je suis parti confiant en mon étoile et les choses se sont finalement très bien arrangées. Contrairement en France, la mécanique à Stanford ne se résume pas à écrire des équations barbares sur un bout de papier ou dans un programme informatique. Le département se situe à l'interface entre de nombreuses disciplines et offre un choix de matières incroyable: biomécanique, fluide, thermique, énergie, mécanique du solide,.... et surtout le design!



Evidemment, j'imagine que ce mot vous évoque les designers de logos, de vêtements, ou d'appartement (ce qui est tout à fait juste). Mais le design est également considéré comme un domaine scientifique de la mécanique. Le plus simple pour vous l'expliquer est de vous parler du cours que je suis actuellement: il s'agit d'un projet de design et d'innovation à mener sur un an avec une entreprise en tutelle qui apporte un financement de 50000$ et en collaboration avec une université partenaire (Mexico, Helsinki, Potsdam,...). Le but final est de construire un prototype (d'où le terme design) qui puisse apporter une solution par rapport au problème de l'entreprise. Je peux vous donner quelques sujets de projets de cette année à titre d'exemple: le projet Audi consiste à imaginer l'interface homme-machine de la voiture de 2020, le projet Panasonic consiste à imaginer une nouvelle brosse à dent qui puisse apporter un feed-back instantané sur la qualité du brossage et inciter l'utilisateur à accomplir cette tâche monotone de notre quotidien, et enfin mon projet avec Bosch consiste à créer un système de reconstruction 3D économique et imaginer ses applications (jeux vidéos, exploration avec robots,....). Bien que n'étant pas forcément spécialistes du domaine considéré, les élèves doivent essayer de discerner le créneau technologique inexploité qui pourrait permettre une nouvelle application. On peut être amené à faire de l'informatique, de l'électronique, du bricolage, des études statistiques ou des interviews d'experts,....

En bref, les sujets sont très ouverts et les élèves sont invités à faire preuve de créativité et d'audace. Les moyens mis à notre disposition sont impressionnants: ordinateur perso, salle de vidéoconférence, un espace réservé dans un loft, des machines-outils pour faire les prototypes, un coach et une équipe d'enseignants à plein temps. La plupart des élèves veulent ainsi tirer partie de ce cours et trouver une idée géniale pour lancer leur boîte en profitant de l'environnement de la Silicon Valley. Ce cours qui existe depuis plus de 30 ans est réellement passionnant car son approche est complètement différente des cours magistraux français. Les élèves sont mis en situation de responsabilité et sont acteurs de leur projet; l'accent est clairement mis sur la créativité et l'innovation.


Pour vous donner une idée, je vous conseille de visionner cette vidéo qui présente un petit reportage sur la boîte Ideo située à Palo Alto. Elle a été fondée par un ancien élève du cours et elle est extrêmement connue aux USA (numéro un dans le secteur du design).

(il y a trois parties 1, 2 et 3)


Les méthodes de travail sont assez originales. Un domaine dont je pense nous devrions nous inspirer pour être dans le peloton de tête dans la course à l'innovation!

Voilà pour un petit aperçu de mes cours. Je reviendrai un peu sur ce cours de design et notamment sur le désormais célèbre "paper bike challenge" dans un prochain article.

lundi 17 novembre 2008

Balade à San francisco

Comme je vous l'ai dit dans mon précédent message, Mathilde est venu me rejoindre ce week-end et on a profité du temps merveilleux pour se balader dans San Francisco. Je préviens d'avance qu'il sera difficile pour les Français qui lisent ce message de supporter la vue du ciel bleu californien sur les photos, alors qu'ils connaissent en ce moment les rigueurs de l'hiver.

L'avion de Mathilde arrivant à 10h le vendredi soir, nous avons passé la nuit à San Francisco et nous nous sommes ensuite levés tôt le matin pour visiter "the rock", la prison d'Alcatraz, qui est aujourd'hui une attraction touristique majeure de la ville. Mieux vaut réserver une semaine à l'avance si vous voulez avoir des places sur le bateau qui vous conduit vers ce rocher au mileu de la baie de San Francisco.




La visite est très bien faite: accueil des touristes à l'arrivée, exposition, film d'introduction sur l'histoire du lieu et tour complet avec audioguide de la prison. Ce lieu est fascinant, à la fois sauvage, poétique et sinistre. Alcatraz a tout à tour occupé la fonction de citadelle militaire pour protéger la baie, prison haute sécurité pour les pires détenus américains (dont le fameux Al Capone), lieu de manifestation pour la défense des droits des indiens qui avaient occupé l'île en signe de protestation pendant 19 mois, et enfin attraction touristique aujourd'hui.


L'imaginaire populaire retient principalement le souvenir d'une prison terrifiante dont personne n'a jamais réussi à s'évader malgré plusieurs tentatives. Il faut dire que les courants autour de l'île sont très forts et l'eau glacée ce qui empêche toute fuite à la nage.


Les conditions de détention étaient atroces avec des cellules de la taille d'une boîte à chaussures et comme seules distractions possibles la bibliothèque, la cour de récréation (photo ci-dessous) 2h pendant le weekend, et les bruits qui viennent de la baie lorsque le vent est favorable...


On peut également se balader sur l'île, qui offre une vue magnifique sur la baie de San Francisco. L'audioguide insiste d'ailleurs sur le fait que les familles des gardiens, qui habitaient éloignées de la prison et donc des détenus, étaient très heureuses de vivre à Alcatraz.


Après un copieux burger au Hard Rock Cafe, nous sommes rentrés à Stanford pour l'anniversaire de Vin et nous sommes repartis le lendemain en compagnie de Vincent Le Biez, un copain de Polytechnique, qui vient d'arriver à Palo Alto (ville la plus proche de Stanford) pour faire un stage d'un an.

Au programme: balade en vélo jusqu'au Golden Gate depuis le Fisherman's wharf (le port qui est le quartier animé de la ville), traversée du célèbre pont et descente jusqu'à Sausalito de l'autre côté de la baie dans le Marin County. Une balade de quatre heures assez sportive, car la région est très vallonée, et très agréable sous le ciel bleu californien (je sens que je vais en rendre certains malades).




Si vous êtes intéressés par une maison à Sausalito. Je n'ai pas osé frapper pour demander le prix....

Anniversaire de Vin

Je ne vous ai pas encore parlé de mes colocataires avec qui je vais vivre pendant près d'un an. Je suis arrivé à Stanford sans savoir avec qui je tomberai contrairement à certains étudiants qui constituent des groupes au moment de déposer leur candidature pour les logements. Mon sort s'est donc décidé lors de la grande loterie et je dois admettre avoir été très chanceux. J'ai en effet hérité d'un appartement à Rains, qui est de loin la meilleure résidence du campus, avec trois Américains: Vin, Ariel et Mike. Si le dernier d'origine chinoise est un peu à part et vit sa vie de son côté, je m'entends très bien avec Vin et Ariel, qui n'hésitent pas à venir discuter avec moi, et rient souvent de mon accent français. Certes, ils ont une tendance très américaine à passer leurs journées devant la télé à regarder des matchs de baseball ou de football et il est difficile de les faire bouger pour faire du tourisme (ils n'ont toujours pas vu le Golden Gate!), mais j'ai appris à accepter les différences culturelles et je suis bien content de pouvoir faire des sorties avec eux pendant le weekend.

Nous avons ainsi fêté l'anniversaire de Vin ce samedi à l'appartement. Comme Mathilde était venu me rejoindre pour visiter San Francisco, nous sommes revenus le soir pour l'occasion. Vin avait invité quelques amis et j'ai pu découvrir le jeu américain par excellence que tous les jeunes étudiants pratiquent assidument: le "beer pong". J'imagine que vous n'avez jamais entendu parler de ce sport national qui demande dextérité, concentration, stratégie et ............ résistance à l'alcool.



Le principe est simple: prenez une grande table sur laquelle vous disposez à chaque extrêmité huit gobelets remplis de bière formant un triangle. Le beer pong peut se jouer à un contre un ou deux contre deux. Dans le cas d'un duel, chaque joueur essaie alternativement de lancer une balle de ping-pong dans l'un des gobelets. S'il y parvient, le joueur adverse doit boire le verre. Et le jeu continue jusqu'à ce que l'un des deux ait atteint tous les gobelets adverses.
Je vous rassure tout de suite, comme les Américains ne tiennent pas trop l'alcool et veulent pouvoir jouer plusieurs parties dans la même soirée, ils utilisent généralement des bierres à 2 % et remplissent très peu les gobelets. Admirez au passage la concentration de Vin sur la photo: on sent qu'il est vraiment dans la partie!

Si ce jeu est au début marrant, les parties peuvent durer très longtemps à la fin lorsqu'il n'y a plus qu'un seul gobelet et que les joueurs sont particulèrement maladroits.




Autre jeu adoré de mes colocataires: les fléchettes et le jeu vidéo guitar hero où vous pouvez jouer des morceaux de musique en suivant un script sur l'écran qui vous indique sur quel bouton appuyer. C'est assez intuitif mais peu évident au début pour les non initiés.


Bref, la soirée s'est très bien passé et je vous recommande d'essayer au moins une fois le beer pong.

mardi 11 novembre 2008

Joshua tree park

Déjà deux mois que je suis en Californie et j'ai beaucoup d'anecdotes ou de souvenirs à vous raconter sur le début de mon séjour. Comme je viens seulement de créer mon blog il y a quelques jours, je ferai régulièrement, si l'occasion se présente, de petits retours en arrière sur mes expériences passées. J'espère que vous ne serez pas déroutés par ces libertés que je prends avec la chronologie.

Dès mon arrivée à Stanford mi-septembre, j'ai profité du fait que les cours n'avaient pas encore commencé pour aller voir Mathilde à Los Angeles. Je suis arrivé le vendredi après-midi et je suis tout d'abord allé rendre visite à Thomas Coquil, mon ancien coloc de prépa qui m'a également accompagné à l'X, et qui fait un Master à UCLA (university of California of Los Angeles) dont le campus, au milieu de West hollywood et de Beverly Hills, est également magnifique.


Nous sommes ensuite allés à la plage du côté de Venice Beach, très connue pour ses surfeurs mais surtout pour l'ambiance qui y règne avec la promenade sous les palmiers le long du quartier art-déco, les appareils de fitness et de bodybuilding en plein air, les play-ground de basket, et toute la faune qui y vit. C'est un quartier très coloré qui devient par contre assez glauque à la tombée de la nuit, comme beaucoup de quartiers de Los Angeles qu'il vaut mieux éviter.

Mathilde nous a ensuite rejoint après sa journée de travail et nous sommes allés tous les trois dans un restaurant mexicain. Le trajet du retour fut assez long car Mathilde habite en banlieue est de Los Angeles et il faut compter entre 1h et 1h30 pour traverser la ville, selon la circulation. LA incarne parfaitement la démesure américaine et cette ville ne semble pas être à taille humaine. Nul ne peut vraiment dire où se situent les limites de cette mégalopole traversée de part en part par une dizaine de freeways. La voiture est nécessaire pour survivre dans cette jungle urbaine et les embouteillages sur le périphérique parisien paraissent bien ridicules à côté.

Comme j'ai déjà eu l'occasion de passer un mois entier à Los Angeles lors de mon stage ouvrier dans les cuisines d'Occidental College il y a maintenant deux ans, je connais très bien la ville et on a donc décidé avec Mathilde de faire le parc national de Joshua tree, situé à 200km à l'est. Le nom de ce parc vient de l'arbre Joshua ou Yucca, qui fait penser à un petit cactus et qui est capable de résister aux conditions extrêmes du désert de Mojave. Autant vous dire que la climatisation dans la voiture est la bienvenue!


Ce parc est vraiment magnifique. Outre les fameux Joshua tree, on peut admirer des pans de rochers aux formes étrangement arrondies qui donnent l'impression de paysages lunaires. On y pratique ainsi régulièrement l'escalade, en plus des traditionnelles randonnées qui sont très agréables. Voilà quelques photos:


Nous avons ensuite passé le dimanche sur la plage avant que je reprenne mon avion. Et oui les weekends passent toujours trop vite et encore plus en Californie quand on accumule les kilomètres en avion ou en voiture.

lundi 10 novembre 2008

Star Wars le jour de l'élection

Pour l'anecdote, si le 4 novembre 2008 restera dans la mémoire collective le jour où un afro-américain a été élu pour la première fois à la tête des Etats-Unis, beaucoup se souviendront également de la prouesse technologique de CNN. Pour la première fois dans l'histoire de la télévision, une journaliste fut présente sur le plateau en véritable hologramme 3D.
Il s’agissait en effet de Jessica Yellin qui fut filmée par une trentaine de caméras au sein d’un local dédié à cet effet et situé à plusieurs kilomètres du plateau (Chicago - New-York). On pouvait ainsi voir le commentateur discuter le plus innocemment du monde avec son homologue en hologramme et débatre ensemble de l'élection d'Obama. La journaliste n'a d'ailleurs pas hésité à faire le parallèle avec la princesse Leïla dans la saga Star Wars.



Si la vidéo ne marche pas, vous pouvez aller sur le lien http://fr.youtube.com/watch?v=4-r7FPYkxdA&feature=related


Bien que logiquement éclipsée par l'élection d'obama, cette première a été largement commentée outre-atlantique, contrairement en France où j'ai vu peu d'articles à ce sujet.
La technologie est en tout en cas impressionnante et je vous invite à aller sur ce site si vous voulez plus de détails.
http://gizmodo.com/5076663/how-the-cnn-holographic-interview-system-works

A quand l'utilisation grand public?

dimanche 9 novembre 2008

Change has come!

Difficile de passer à côté de l'élection américaine quand on est étudiant à Stanford. Jamais une campagne n'avait autant mobilisé le pays avec une participation record de 66% et le campus n'a pas derogé à la règle. Bien évidemment, le coeur des étudiants était tout acquis à la cause d'Obama qui incarne pour beaucoup l'espoir et surtout la fin du règne des républicains. Si la Californie est un bastion démocrate bien implanté, Stanford est encore plus marqué par le parti de l'âne et on pouvait ainsi voir sur tous les T-shirts des badges ou des autocollants Obama la semaine de l'élection alors que les partisans de McCain, s'ils existent, étaient bien timorés. L'explosion de joie a donc été énorme dans le "main quad" et dans les différents bars du campus au moment du résultat final et les deux discours du président nouvellement élu et de son adversaire défait ont été unaniment salués. McCain a en effet été particulèrement fair-play et s'est avéré un bon candidat respecté de tous. Mais comment résister à la tornade Obama dont le charisme est réellement hors du commun et fait d'ailleurs penser à Martin Luther King (même si je ne lui souhaite pas le même destin). J'ai vu des étudiants pleurer pendant son discours et on sentait que tout le monde était fier de cette victoire. Vous pouvez voir la une du "Stanford daily" montrant des scènes de liesse sur le campus.



Enfin, pour l'anecdote, les Américains ne se prononçaient pas uniquement pour élire leur président le 4 novembre. Ils devaient également se prononcer sur des référendums locaux (153 au total, le maximum étant dans le Colorado avec 14 questions). Il s'agit généralement de sujets de société très débattus et chaque électeur reçoit donc avant l'élection un dossier d'une cinquantaine de pages avec un argumentaire pour ou contre pour chaque proposition. Bien évidemment, personne ne prend le temps de le lire, ce qui remet en cause la légitimité de ces référendums.

Certaines questions ont toutefois été au centre de l'actualité, notamment la proposition 8 en Californie qui interdit le mariage homosexuel et qui a été acceptée à 52% au grand dam des étudiants de Stanford ayant majoritairement voté contre. On pouvait ainsi voir un nombre incroyable de posters ou de pancartes "vote no on prop 8" sur le campus. Cette décision jette une incertitude juridique sur les 18000 mariages conclus en Californie ces derniers mois.

Mais d'autres questions étaient beaucoup moins sérieuses puisqu'on votait notamment pour l'utililisation de plus grandes cages à poule qui permettent aux animaux "de s'allonger, tenir debout, étendre complètement leurs membres et de se tourner librement". Vaste programme qui mérite bien un référendum!

Le campus de Stanford

Au risque de décourager quelques lecteurs, je vais commencer par un peu d'histoire car je pense que certains peuvent être intéressés par l'origine de cette université. Stanford a été créée en 1885 par l'ancien gouverneur de Californie et magnat du chemin de fer, Leland Stanford, et sa femme en hommage à leur fils mort à 16 ans de la typhoïde. Le couple Stanford racheta donc des terres agricoles à 60 km au sud de San Francisco, près de la localité de Palo Alto, pour créer une université mixte dédiée à la recherche.

L'objectif était de s'inspirer du modèle d'Harvard qui était à l'époque et demeure toujours l'une des plus prestigieuses universités du pays. Mais avec un campus qui s'étend sur près de 33km2, Stanford est aujourd'hui le plus grand campus du monde et a largement rattrapé sa rivale de l'est en terme de réputation. L'université accepte chaque année 15000 étudiants, la moitié sont des "undergraduate" (l'équivalent des années post-bac jusqu'à la licence) et l'autre moitié est constituée de "graduate students" (élèves en master ou en PhD). Il faudra que je revienne sur le système scolaire américain dans un prochain article. Malgré ce nombre impressionnant d'élèves, Stanford est très sélective puisque le taux d'admission moyen sur l'ensemble des départements d'enseignement est de 7,7% et elle est actuellement classée deuxième au monde derrière Harvard et devant le MIT à Boston au classement de Shangaï, dans lequel les universités françaises font malheureusement pâle figure du fait principalement de leur petite taille.



Parmi les faits divers, Stanford a accueilli en son sein 18 prix nobel et un président de la République Herbert Hoover surtout célèbre pour avoir plongé l'Amérique dans le marasme économique pendant le fameuse crise de 1929 (on lui a dédié la tour qui domine le campus et que vous pouvez voir sur la photo ci-dessus). D'autres personnages célèbres sont passés sur ses bancs parmi lesquels: Steve Ballmer (président de Microsoft), Lawrence Page (fondateur de Google), Hewlett et Packard, Jerry Yang (Yahoo), Tiger Woods et John McEnroe (et oui le sport peut beaucoup aider pour réussir aux US...)

L'université est au centre de la Silicon Valley qui regroupe toutes les start-ups en informatique, électronique et design tels que Microsoft, Yahoo, Google, Hewlett-Packard, Ideo, Facebook (qui se trouve au centre de Palo Alto) et il est souvent coutume de dire que c'est une région où on peut passer de chômeur à millionnaire en très peu de temps avec des idées et du talent car tout est fait pour faciliter la créativité et la prise de risque.




Mais bon revenons un peu à ce fameux campus qui est réellement magnifique et qui est l'oeuvre de l'architecte Frederick Law Olmsted. Le style se veut, tenez-vous bien, "hispanico colonial" avec de légers accents d'architecture romaine, ce qui est ma foi assez pompeux. En fait, si on est au départ un peu surpris par ces grandes arcades et ces frises sur les murs qui donnent un aspect kitsch version décor de film, on est rapidement séduit par l'harmonie que dégage l'ensemble quand le soleil éclaire les tuiles rouges et les murs ocres entourés de palmiers sous un magnifique ciel bleu. Bienvenue en Californie!


L'avenue principale "Palm Drive" (je pense que c'est inutile que je donne des précisions sur l'origine du nom) vous mène tout droit au centre du campus, le main quad, grand ensemble de bâtiments formant un carré aux multiples arcades et entourant une église au style bien surchargé mais qui ne dépare pas avec le cadre.







Comme les américains voient tout en grand, ils ont même demandé à Rodin de faire quelques sculptures pour décorer le jardin! Et oui on ne se refuse rien, ce qui explique notamment pourquoi Stanford a deux étoiles sur le guide michelin et se trouve donc envahi toute l'année par les touristes avec une dizaine de visites guidées organisées tous les jours.






Voilà pour un premier aperçu du campus! J'ai commencé par le centre historique et je reviendrai plus tard sur les autres centres d'intérêt tels que les équipements sportifs, l'hôpital ou les logements.

samedi 8 novembre 2008

Petite introduction...

Déjà un mois et demi que j'arpente ce magnifique campus de Stanford et le temps passe décidément trop vite. J'avais prévu à mon arrivée sur le sol californien de créer un blog pour vous faire partager mes aventures à l'autre bout du monde, mais je me suis malheureusement laissé entraîner dans le tourbillon infernal des cours et de la vie étudiante à Stanford qui est très prenante. Je vais donc essayer de rattraper le retard comme je peux et vous montrer notamment quelques photos du campus et des alentours. Je ne promets pas de m'atteler régulièrement à ce blog mais j'essaierai d'écrire un article dès que la matière se présente pour que vous puissiez avoir des nouvelles de temps en temps de ma vie parfois trépidante, mais le plus souvent bien trop studieuse à mon goût.
Ready to roll!