jeudi 5 février 2009

Super Bowl

C'est sans doute l'un des évènements les plus importants de l'année qui peut éclipser un plan de relance d'Obama, un nouveau scandale financier ou les effets dévastateurs d'un ouragan. Il focalise l'attention médiatique l'espace de quelques jours et atteint des taux d'audience entre 40 et 60%, soit jusqu'à 141 millions d'Américains pour le score le plus élevé. Il constitue un élément structurant de la culture américaine, amalgame hétéroclite de culture spectacle et de patriotisme sportif. Il est surtout une énorme machine à cash, thermomètre de l'état de l'économie américaine. Je veux bien évidemment parler du Super Bowl, la finale du championnat de football américain qui voit s'affronter les vainqueurs des deux conférences pour le titre de champion de la NFL.


Créée en 1967, cette compétition est un évènement majeur de la télévision américaine. L'engouement surréaliste qui l'entoure s'explique par le fait qu'il s'agit du seul championnat se terminant par un match couperet au suspense souvent haletant. Parmi les dix meilleurs audiences, on retrouve ainsi cinq Super Bowls ce qui montre la ferveur du public pour cette finale hors normes. Sa nototriété depasse même allègrement les frontières puisque chaque année près de 200 pays la retransmettent. Pour la France, après quelques années de bons et loyaux services de Canal+, c'est France télévison qui s'y colle. J'espère que cela ne correspond pas à la nouvelle politique culturelle de service public du groupe, d'autant plus que les audiences risquent d'être faibles dans un pays où le football a une toute autre signification.

Logiquement, le coût des annonces publicitaires atteint des sommets. Le secteur ne connaît pas la crise. Pour le Super Bowl de cette année, 90 % des spots publicitaires étaient déjà vendus au prix record de 3 millions de dollars pour 30 secondes une semaine avant le match, soit une augmentation de 11 % par rapport à 2008. Si quelques géants aux abois comme General Motors et FedEx ont fait l'impasse, on retrouve pêle-mêle des spots originaux et amusants de Coca, Mars, Budweiser (on peut difficilement envisager du sport en canapé sans une petite bière...), ou Audi. Dreamworks en collaboration avec Pepsi a même réalisé une pub en 3D (il faut juste récupérer un paire de lunettes disponible gratuitement dans des supermarchés).


On serait presque tenté de se demander si le sport joue encore un rôle dans cette grande messe médiatique. Agacé par la succession des pauses publicitaires toutes les 5 minutes et la mi-temps interminable avec le concert de l'inoxydable Bruce Springsteen, je serais tenté de répondre par la négative. Pour vous situer un peu le contexte, un match de football américain dure en théorie quatre périodes de 15 minutes. Mais les nombreux temps-morts à la fin de chaque phase de jeu, qui permettent de modifier la moitié de l'équipe (une équipe de football compte près de 40 joueurs sur la feuille de match) et de réfléchir à la stratégie, font durer le match près de trois heures. Heureusement que les pom-pom girls sont là de temps en temps pour égayer la rencontre. Car si les règles ne sont pas bien compliquées, le rythme haché de la partie est un redoutable remède contre les crises d'enthousiasme sportif. Seul intérêt, la fin du match offre souvent des rebondissements spectaculaires. Les retournements de situation sont fréquents et tout repose en fait principalement sur le talent du quaterback qui peut à lui seul sceller le sort d'un match. Ce fut le cas lors de la finale de cette année entre les Arizona Cardinales et les Pittsburgh Steelers. La fin de match fut complètement folle et déboucha finalement sur la victoire de Pittsburgh.


La meilleure solution est donc d'allumer sa télévision pour la dernière demi-heure. La fréquence des pauses publicitaires est même ralentie pour ne pas indisposer le spectateur, stressé par l'issue de la rencontre.

Mais le Super Bowl est avant tout un évènement à dimension sociale. Les Américains, de toutes générations se retrouvent pour l'occasion et discutent ensemble tout en regardant le match d'un oeil distrait et en grignotant des snacks. Ce trait culturel est typique des Etats-Unis et se retrouve aussi bien dans le sport (les matchs de base-ball durent également des heures et sont donc une occasion pour manger tous ensembles) que dans les spectacles culturels (j'ai déjà eu l'occasion il y a deux ans de pique-niquer en écoutant un concert de musique classique au Hollywood Bowl à Los Angeles).
Mes colocataires avaient ainsi invité une dizaine d'amis et j'ai quasiment passé plus de temps à discuter qu'à regarder le match. Et au risque de choquer les quelques fans de ce sport, je pense que je n'ai pas raté grand chose....

mardi 20 janvier 2009

Big Sur

C'est le nom exotique que l'on donne au littoral spectaculaire qui s'étire sur 150 km entre la petite ville de Carmel et San Simeon. Cette côte est célèbre pour sa beauté sauvage, rude et envoûtante qui n'est pas sans faire penser aux paysages escarpés de la Bretagne.

Avec mon collègue Vincent, nous avons décidé de tester notre Honda Accord le long de la route 1 qui permet de suivre le flanc de ces vertigineuses falaises. Le weekend de trois jours qui s'offrait à nous avec le lundi férié pour cause de Martin Luther King's day était l'occasion parfaite pour aller rendre une petite visite à Thomas dans son fief de Los Angeles. Le temps se prêtait également à une balade le long de la mer puisque la Californie vit l'un des hivers les plus chauds et les plus ensoleillés de son histoire. Pour en faire baver quelques uns qui subissent les rigueurs du climat français, je peux vous dire que le T-shirt se supporte très bien ici, y compris pendant la nuit, avec des températures moyennes autour de 25°. Le moindre petit nuage qui apparaît à l'horizon est même considéré comme un évènement.

Bref, l'occasion était parfaite pour un premier vrai road-trip en Californie et nous n'avons pas été déçus. Les paysages le long de la côte sont vraiment somptueux comme vous pouvez le constater.


On pouvait également admirer les fameux lions de mer réputés pour leur dynamisme et leur chant mélodieux, et surtout un magnifique coucher de soleil qui rend tout de suite le paysage beaucoup plus romantique.

samedi 10 janvier 2009

Vancouver

Il est temps de reprendre un peu le blog après trois semaines de vacances en France et je vais donc pouvoir terminer de vous raconter brièvement la deuxième partie de mon séjour de Thanksgving à Vancouver.

Après notre séjour à Seattle, nous avons décidé avec Mathilde de louer une voiture et d'aller visiter le Canada voisin. Vancouver est en effet seulement située à 2h30 de voiture, du moins en théorie car le passage de frontière peut s'avérer un numéro d'équilibriste très pénible. Le visa de Mathilde arrivant à expiration, les douanes canadiennes ne voulaient pas nous laisser passer de peur de nous voir refuser par les douanes US à notre retour et il fallu plusieurs aller-retours des deux côtés de la frontière avant de pouvoir enfin tracer notre route dans le grand nord.
La capitale de la British Columbia bénéficie généralement d'un climat doux et agréable comparé au reste du pays mais nous avons visiblement manqué de chance avec un temps plus que mitigé ce qui a un peu atténué le charme de cette merveilleuse cité.
Vancouver est en effet un ilôt de buildings serti au milieu d'une baie et encadré par de superbes montagnes enneigées. De quoi faire rêver les foules sauf lorsque le brouillard intense vous empêche de voir à plus de dix mètres.
Parmi les curiosités de la ville, la canada place qui abrite un centre de congrès, un hôtel, des restaurants et un cinéma Imax,


la steam clock de Yale, l'un des plus vieux quartiers de la ville avec ses austères bâtiments en brique rouge,


les jardins japonais du Chinatown très mignons,


le musée de la police très intéressant avec ses motards d'élite et le premier modèle d'éthylotest,



ses brasseries de bières avec ses alcooliques anonymes d'un soir (se reconnaîtra qui pourra...),


mas surtout le fantastique Stanley Park qui permet des balades agréables le long de la grève et offre des vues imprenables sur la ville au milieu de la baie.


Enfin, cerise sur le gateau, le magnifique coucher de soleil avec un beau ciel dégagé qui nous a permis de quitter Vancouver sur une agréable note romantique,




avant le trajet du retour avec près de 3h d'embouteillage à la frontière !
Mais quand on aime on ne compte pas...