jeudi 5 février 2009

Super Bowl

C'est sans doute l'un des évènements les plus importants de l'année qui peut éclipser un plan de relance d'Obama, un nouveau scandale financier ou les effets dévastateurs d'un ouragan. Il focalise l'attention médiatique l'espace de quelques jours et atteint des taux d'audience entre 40 et 60%, soit jusqu'à 141 millions d'Américains pour le score le plus élevé. Il constitue un élément structurant de la culture américaine, amalgame hétéroclite de culture spectacle et de patriotisme sportif. Il est surtout une énorme machine à cash, thermomètre de l'état de l'économie américaine. Je veux bien évidemment parler du Super Bowl, la finale du championnat de football américain qui voit s'affronter les vainqueurs des deux conférences pour le titre de champion de la NFL.


Créée en 1967, cette compétition est un évènement majeur de la télévision américaine. L'engouement surréaliste qui l'entoure s'explique par le fait qu'il s'agit du seul championnat se terminant par un match couperet au suspense souvent haletant. Parmi les dix meilleurs audiences, on retrouve ainsi cinq Super Bowls ce qui montre la ferveur du public pour cette finale hors normes. Sa nototriété depasse même allègrement les frontières puisque chaque année près de 200 pays la retransmettent. Pour la France, après quelques années de bons et loyaux services de Canal+, c'est France télévison qui s'y colle. J'espère que cela ne correspond pas à la nouvelle politique culturelle de service public du groupe, d'autant plus que les audiences risquent d'être faibles dans un pays où le football a une toute autre signification.

Logiquement, le coût des annonces publicitaires atteint des sommets. Le secteur ne connaît pas la crise. Pour le Super Bowl de cette année, 90 % des spots publicitaires étaient déjà vendus au prix record de 3 millions de dollars pour 30 secondes une semaine avant le match, soit une augmentation de 11 % par rapport à 2008. Si quelques géants aux abois comme General Motors et FedEx ont fait l'impasse, on retrouve pêle-mêle des spots originaux et amusants de Coca, Mars, Budweiser (on peut difficilement envisager du sport en canapé sans une petite bière...), ou Audi. Dreamworks en collaboration avec Pepsi a même réalisé une pub en 3D (il faut juste récupérer un paire de lunettes disponible gratuitement dans des supermarchés).


On serait presque tenté de se demander si le sport joue encore un rôle dans cette grande messe médiatique. Agacé par la succession des pauses publicitaires toutes les 5 minutes et la mi-temps interminable avec le concert de l'inoxydable Bruce Springsteen, je serais tenté de répondre par la négative. Pour vous situer un peu le contexte, un match de football américain dure en théorie quatre périodes de 15 minutes. Mais les nombreux temps-morts à la fin de chaque phase de jeu, qui permettent de modifier la moitié de l'équipe (une équipe de football compte près de 40 joueurs sur la feuille de match) et de réfléchir à la stratégie, font durer le match près de trois heures. Heureusement que les pom-pom girls sont là de temps en temps pour égayer la rencontre. Car si les règles ne sont pas bien compliquées, le rythme haché de la partie est un redoutable remède contre les crises d'enthousiasme sportif. Seul intérêt, la fin du match offre souvent des rebondissements spectaculaires. Les retournements de situation sont fréquents et tout repose en fait principalement sur le talent du quaterback qui peut à lui seul sceller le sort d'un match. Ce fut le cas lors de la finale de cette année entre les Arizona Cardinales et les Pittsburgh Steelers. La fin de match fut complètement folle et déboucha finalement sur la victoire de Pittsburgh.


La meilleure solution est donc d'allumer sa télévision pour la dernière demi-heure. La fréquence des pauses publicitaires est même ralentie pour ne pas indisposer le spectateur, stressé par l'issue de la rencontre.

Mais le Super Bowl est avant tout un évènement à dimension sociale. Les Américains, de toutes générations se retrouvent pour l'occasion et discutent ensemble tout en regardant le match d'un oeil distrait et en grignotant des snacks. Ce trait culturel est typique des Etats-Unis et se retrouve aussi bien dans le sport (les matchs de base-ball durent également des heures et sont donc une occasion pour manger tous ensembles) que dans les spectacles culturels (j'ai déjà eu l'occasion il y a deux ans de pique-niquer en écoutant un concert de musique classique au Hollywood Bowl à Los Angeles).
Mes colocataires avaient ainsi invité une dizaine d'amis et j'ai quasiment passé plus de temps à discuter qu'à regarder le match. Et au risque de choquer les quelques fans de ce sport, je pense que je n'ai pas raté grand chose....

mardi 20 janvier 2009

Big Sur

C'est le nom exotique que l'on donne au littoral spectaculaire qui s'étire sur 150 km entre la petite ville de Carmel et San Simeon. Cette côte est célèbre pour sa beauté sauvage, rude et envoûtante qui n'est pas sans faire penser aux paysages escarpés de la Bretagne.

Avec mon collègue Vincent, nous avons décidé de tester notre Honda Accord le long de la route 1 qui permet de suivre le flanc de ces vertigineuses falaises. Le weekend de trois jours qui s'offrait à nous avec le lundi férié pour cause de Martin Luther King's day était l'occasion parfaite pour aller rendre une petite visite à Thomas dans son fief de Los Angeles. Le temps se prêtait également à une balade le long de la mer puisque la Californie vit l'un des hivers les plus chauds et les plus ensoleillés de son histoire. Pour en faire baver quelques uns qui subissent les rigueurs du climat français, je peux vous dire que le T-shirt se supporte très bien ici, y compris pendant la nuit, avec des températures moyennes autour de 25°. Le moindre petit nuage qui apparaît à l'horizon est même considéré comme un évènement.

Bref, l'occasion était parfaite pour un premier vrai road-trip en Californie et nous n'avons pas été déçus. Les paysages le long de la côte sont vraiment somptueux comme vous pouvez le constater.


On pouvait également admirer les fameux lions de mer réputés pour leur dynamisme et leur chant mélodieux, et surtout un magnifique coucher de soleil qui rend tout de suite le paysage beaucoup plus romantique.

samedi 10 janvier 2009

Vancouver

Il est temps de reprendre un peu le blog après trois semaines de vacances en France et je vais donc pouvoir terminer de vous raconter brièvement la deuxième partie de mon séjour de Thanksgving à Vancouver.

Après notre séjour à Seattle, nous avons décidé avec Mathilde de louer une voiture et d'aller visiter le Canada voisin. Vancouver est en effet seulement située à 2h30 de voiture, du moins en théorie car le passage de frontière peut s'avérer un numéro d'équilibriste très pénible. Le visa de Mathilde arrivant à expiration, les douanes canadiennes ne voulaient pas nous laisser passer de peur de nous voir refuser par les douanes US à notre retour et il fallu plusieurs aller-retours des deux côtés de la frontière avant de pouvoir enfin tracer notre route dans le grand nord.
La capitale de la British Columbia bénéficie généralement d'un climat doux et agréable comparé au reste du pays mais nous avons visiblement manqué de chance avec un temps plus que mitigé ce qui a un peu atténué le charme de cette merveilleuse cité.
Vancouver est en effet un ilôt de buildings serti au milieu d'une baie et encadré par de superbes montagnes enneigées. De quoi faire rêver les foules sauf lorsque le brouillard intense vous empêche de voir à plus de dix mètres.
Parmi les curiosités de la ville, la canada place qui abrite un centre de congrès, un hôtel, des restaurants et un cinéma Imax,


la steam clock de Yale, l'un des plus vieux quartiers de la ville avec ses austères bâtiments en brique rouge,


les jardins japonais du Chinatown très mignons,


le musée de la police très intéressant avec ses motards d'élite et le premier modèle d'éthylotest,



ses brasseries de bières avec ses alcooliques anonymes d'un soir (se reconnaîtra qui pourra...),


mas surtout le fantastique Stanley Park qui permet des balades agréables le long de la grève et offre des vues imprenables sur la ville au milieu de la baie.


Enfin, cerise sur le gateau, le magnifique coucher de soleil avec un beau ciel dégagé qui nous a permis de quitter Vancouver sur une agréable note romantique,




avant le trajet du retour avec près de 3h d'embouteillage à la frontière !
Mais quand on aime on ne compte pas...

jeudi 4 décembre 2008

Seattle à Thanksgving

Bon, finalement je ne résiste pas à l'envie de vous faire baver un peu avec quelques photos, et ce malgré un emploi du temps assez chargé, semaine des "final exams" oblige.

J'en étais resté à mon début de semaine de Thanksgiving, consacré entièrement à l'achat et à la 'registration' de ma "lolomobile". Je suis ensuite parti mercredi soir pour Seattle, une ville magnifique mais humide (environ 300 jours de pluie par an). Le parapluie est ainsi un attribut indispensable des autochtones qui sont autant habitués aux nuages gris que les californiens au ciel bleu. Bref, on était avertis et madame météo a joué plutôt en notre faveur car on a eu du beau temps le premier jour et une légère bruine le deuxième jour.

Mis a part ce léger inconvénient du climat, Seattle est une ville magnifique et surprenante. Les deux parties les plus intéressantes sont le Downtown et le Seattle Center.

Le Downtown est relativement petit pour une ville américaine (on peut tout faire facilement à pied) et comprend des buildings (jusque là rien de très original) de différentes époques avec une grande variété d'architectures. Pas grand chose de commun entre la Smith tower, le plus vieux building de Seattle, la très moderne Public Library , le pionner square célèbre pour son totem, ses bâtiments style victorien et son ancien péristyle de tramway, le Chinatown, le colosse du Seattle Art Museum ou le stade de foot.




Le Underground tour propose de vous expliquer en une heure et demi la fondation de la ville et l'origine de ses incongruités architecturales. Et je vous promets que je me suis bien amusé en écoutant les anecdotes du guide sur les talents des Américains dans le domaine de l'urbanisme. Je ne résiste pas au plaisir de vous en livrer quelques unes en exclusivité.

Par exemple pour gérer leurs déchets, les habitants avaient décidé de tout enterrer sous une colline qui surplombait la ville, d'où des effluves nauséabonds et des écoulements de détritus lors de grandes pluies (qui arrivent régulièrement comme je l'ai expliqué). Un Lord Anglais débarque alors en fanfare avec une solution dans sa besace : il construit un tuyau qui relie la colline à la mer et le tour est joué. C'était sans compter sur les marées très fortes le long de la côte Pacifique qui retournaient le cadeau à l'envoyeur. Les pages sur les coefficients des marées étaient alors les plus lues dans les journaux pour anticiper un départ des quartiers de la ville situés en bord de mer. On pouvait facilemnt reconnaître ceux qui ne savaient pas lire...

Il serait trop long de raconter toutes les anecdotes entre affaires de corruption, de chemin de fer,... et j'en passe.
Mais la meilleure reste à venir. Un grand incendie ravage la ville en 1889 et donne l'opportunité incroyable de reconstruire une ville "normale". Mais c'est sans compter l'avidité légendaire des Américains. Qui dit nouvelle ville dit possibilité de faire un beau paquet d'argent. Deux groupes s'affrontent avec deux projets différents : les administrateurs de la ville veulent aplanir la colline principale et relever le niveau des terres en bord de mer avec un système de déblai-remblai qui prend environ 10 ans, les financiers veulent eux reconstruire des buildings sur les terrains existants le plus vite possible. Comme aucun accord n'est trouvé, les deux projets se font en parallèle et on obtient finalement des routes surélevées de deux mètres par rapport au trottoir et au rez-de-chaussée des immeubles. Pour passer sur le trottoir opposé, il fallait utiliser des échelles pour monter sur la route et descendre ensuite de l'autre côté (un tunnel aurait pu fragiliser la route). Les hommes étaient particulèrement attentifs lorsqu'une femme en jupe utilisait une échelle... Et puis je ne parle pas des accidents lorsqu'une voiture tombait du trottoir. C'est complètement fou! La mairie a fini par faire couvrir le rez-de-chaussée des immeubles que l'on peut visiter avec ce fameux Underground tour.


Sans chauvinisme aucun, on voit ce qu'il advient lorsque l'on ne possède pas un Corps des Ponts et Chausées compétent comme en France...
Une petite vue de Downtown Seattle depuis le front de mer juste pour le plaisir



Autre attraction vivante et colorée: le pike market de Seattle, qui a été miraculeusement conservé grâce à une pétition des habitants qui voulaient garder leur marché traditionnel plutôt que de tout raser pour faire un hôtel de luxe. C'est très agréable de s'y balader au mileu de tous ces étals.

A noter le gum wall très romantique et aussi populaire:

Le Seattle center est situé en périphérie de la ville (seulement 20 à 30 min à pied de Downtown) et a été construit pour l'exposition universelle de 1962. L'emblême phare de la ville est bien évidemment la space needle haute de 182m. Cette tour furiste abrite notamment un restaurant panoramique en rotation mais qui se trouvait être un peu au dessus de mon budget. La vue sur la ville et l'océan depuis le "upper deck" est magnifique.
Un centre d'attractions touristiques a été créé autour avec un équivalent de la cité des sciences, un opéra, une grande roue mais surtout le Experience music project. Le bâtiment, oeuvre de Franck Gehry qui a aussi réalisé le musée Guggenheim, est somptueux. Ce musée vous propose une immersion dans le monde de la musique (aux USA, la musique commence au 20ième siècle et il ne faut donc pas s'attendre à écouter du Mozart). Une salle est dédiée au grand artiste local Jimmy Hendrix, une autre salle vous apprend l'évolution de la guitare et de la musique américaine au 20ième siècle, mais le plus intéressant est le sound lab dans lequel vous pouvez vous enregistrer en train de jouer de différents instruments en solo ou en groupe. On vous donne même l'opportunité d'acheter le DVD si vous êtes fiers de votre oeuvre.
A côté, un musée de la science-fiction est également intéressant.


Enfin, dernier coup de coeur, l'université de Washington, qui a notamment accueilli Bill Gates et Paul Allen, les fondateurs de Microsoft, est un véritable bijou situé au milieu de la forêt à la bordure de Seattle et du lac Washington. Les bâtiments en brique sont certes un peu austère mais quelle prestance! Elle n'est pas sans rappeler Oxford.

Je vous raconterai dans un prochain article la suite du voyage à Vancouver.


mercredi 26 novembre 2008

Visite de Google

J'ai profité de ce weekend pour me balader dans la Silicon Valley et découvrir un peu les sièges des différentes start-ups qui défraient la chronique et font la réputation de ce lieu. La région au sud de San Francisco qui environne l'université de Stanford, comprend en effet les entreprises Yahoo, Google et Microsoft, les soeurs ennemies toutes situées à Mountain View à quelques miles de distance (le vrai siège social de Microsoft est toutefois situé à Redmond près de Seattle); Apple et Symantec à Cupertino, Hewlett-Packard et Sun microsystems à Palo Alto; Cisco, Adobe et Ebay à San Jose; Intel à Santa Clara et enfin toutes les entreprises d'énergie solaire à Sunnyvale (la ville porte bien son nom). Pour information, "sun" signifie en fait "Stanford university network" et l'entreprise sun microsystems a été créée par des anciens élèves.



Bien évidemment, je n'ai pas fait l'ensemble des sièges et la plupart n'ont pas grand intérêt. Je me suis principalement baladé dans Sunnyvale avec Thomas Coquil, qui m'a rejoint pour le weekend depuis Los Angeles, et qui envisage de travailler dans des start-ups dans le domaine de l'énergie solaire. Mais nous avons surtout voulu visiter le campus de Google qui est réputé pour être l'un des endroits les plus incroyables au monde pour travailler (vous avez une belle vue aérienne sur la photo du dessus)



Google est en effet numéro un incontesté pour les conditions de travail selon une enquête réalisée aux USA par le magazine Forbes. Les avantages sociaux et matériels sont impressionnants:

-vous pouvez consacrer 20% de votre temps de travail rémunéré par Google sur des projets indépendants (c'est comme ça que gmail a été créé)
-la nourriture et les repas sont gratuits
- piscine, mur d’escalade, billards, tables de ping-pong, jeux vidéos, terrain de beach volley à disposition
- des soirées sont organisées toutes les semaines avec des groupes de musique invités
- navettes gratuites avec wi-fi depuis Google qui desservent 5 lieux dans la baie de San Francisco
- accès à des vidanges d’huile et des lavages pour votre auto directement sur le parking
- vous achetez une voiture hybride, Google vous donne 5000$
- des coiffeurs sur place
- vous référez un ami qui entre chez Google, on vous donne 2000$
- vous venez d’avoir un bébé, Google vous rembourse 500$ de nourriture à emporter pour les premières semaines
- Gym et massages sur place
- vous pouvez suivre sur place des cours de Mandarin, Japonais, Espagnol et Francais
- vous pouvez laver vos vêtements gratuitement sur place
- des notaires sur place
- accès aux soins pour enfants et garderie, 5 médecins à disposition sur le site, gratuitement bien sûr!
- les chiens sont acceptés sur le lieu de travail s’il n’y a pas de personnes allergiques ; mais attention à la première plainte le chien sera interdit
- une bibliothèque mobile
- vous pouvez recevoir des prix pour vos travaux personnels comme Niniane Wang une employée de 27 ans qui a recu 1 million de dollars pour avoir créé un programme qui cherche sur les ordinateurs (Google desktop)
- Il n’y a pas de congés sabbatiques mais Google songe à en instaurer un
- des bonus et des stock-options.



Google recoit 1300 CV chaque jour, si vous voulez tenter votre chance vous pouvez toujours postuler....




Google entend prouver ainsi que les salariés sont d'autant plus performants lorsqu'ils sont chouchoutés sur leur lieu de travail. Fantaisie, attraction et humour sont au menu tous les jours. Le crédo est: "travail, performance et bonne ambiance". Comme l'entreprise souhaite que ses salariés passent un maximum d'heures à travailler tout en étant productifs, tout est fait pour atténuer la séparation entre vie professionnelle et vie privée en créant une sorte de mini-ville qui peut répondre à tous les désirs, même les plus fous. Les cadres de chez Google sont libres de décorer leur bureau comme bon leur semble (parcours de mini-golf, tobbogan, posters, jouets,...), ce qui permet de stimuler leur créativité, et peuvent participer sur leur lieu même de travail à un nombre incroyable d'activités. Certains reviennent même le samedi (j'étais là pour le voir) pour faire leur gym chez Google. Si ce n'est pas de la dévotion pour son travail...
Enfin, vous connaissez beaucoup d'entreprises qui ont un dinosaure de Jurassic Park dans la cour et un terrain de beach-volley pour se détendre à la pause de 12h?

J'avoue que je suis farouchement opposé à ce principe d'atténuer les différences entre vie professionnelle et vie privée mais force est de constater que cela fonctionne et que certaines idées sont assez intéressantes. Le fait de laisser un peu de liberté aux employés pour créer leur environnement et de développer des activtés au sein de l'entreprise participe grandement à la bonne ambiance qui règne chez Google.

Pour plus d'informations, il y a de bonnes vidéos sur Youtube:
Je pars demain à Seattle pour quatre jours avec Mathilde et j'enchaîne ensuite avec mes deux semaines terribles d'examens. Je risque donc à mon corps défendant de délaisser mon blog pendant quelques semaines.... pour revenir encore plus fort à la rentrée.

Lolomobile

Enfin, je viens d'acquérir le moyen de m'évader du campus et de ne plus être dépendant de mes colocataires. Après trois mois d'hésitations, j'ai finalement acheté avec mon copain Vincent le Biez une voiture d'occasion, une Honda Accord coupé EX V-tech engine (pour les connaisseurs) pour la modique somme de $3000. La belle japonaise n'est plus toute jeune puisqu'elle est sortie de l'usine en 1996, un grand millésime pour les Honda Accord, et affiche déjà 180 000 km au compteur. On pouvait difficilement dégoter mieux dans cet ordre de grandeur de prix. L'avenir nous dira si nous avons fait une affaire mais le deal paraissait très honnête.


Pour information, le marché de l'automobile est extrêmement fluide aux USA. Les ventes de voitures d'occasion de particulier à particulier se font extrêmement facilement par l'intermédiaire du site craiglist, l'équivalent d'un moteur de recherche qui permet de repérer toutes les annonces dans le voisinage. Il faut être très réactif prêt à bondir sur la moindre occasion. On trouve un nombre incroyable d'annonces pour des voitures en dessous de $5000, ce qui paraît inconcevable en France. Il faut dire que les Américains entretiennent bien leur bébé et les japonaises sont par ailleurs des voitures réputées pour leur résistance. On est cependant jamais à l'abri de se faire arnaquer ou d'avoir un pépin mécanique au bout de quelques mois.


Mais bon, comme je vais seulement rester jusqu'à fin juin, le risque est assez faible et on a également des chances non nulles de la revendre à un prix équivalent.

Tous les Français de Stanford ont ainsi choisi cette option de prendre une vieille voiture d'occasion bon marché et pour l'instant on compte peu de problèmes. Si j'ai eu la patience d'attendre la venue de Vincent pour acheter la voiture (c'est toujours mieux de partager les frais), il m'était difficile de continuer plus longtemps sans moyen de locomotion. Le campus de Stanford est en effet tellement grand que le plus proche supermarché est relativement éloigné en vélo. Sans compter qu'il n'est jamais pratique de ramener ses courses sur le porte-bagage d'une bicyclette. Et puis, les transports en commun, malgré quelques lignes de bus, ne sont bien évidemment pas au niveau de la France. La voiture est donc quasiment indispensable dès que l'on veut se balader dans la région.

Nous avons acheté notre Honda à une chinoise qui partait pour la France à Orléans. Le paiement se fait toujours en cach et on a donc l'impression de vivre un film de gangster lorsque l'on débarque avec l'enveloppe contenant les coupures de $100. Une fois la voiture achetée, que j'ai décidé de baptiser la "Lolomobile", direction le DMV pour l'enregistrer et payer la taxe de 8% et l'agence d'assurance AAA pour être en règle. Il me reste enfin trois semaines pour passer le permis californien. Le permis français n'est en effet pas suffisant lorsque l'on achète une voiture en Californie (la règle est la même si on vient d'un autre Etat des USA). Heureusement, le permis ici ne coûte que $26 et il faut seulement une demi-journée pour passer le code et l'examen de conduite. La différence avec notre système est assez hallucinante. Ce n'est donc qu'une formalité à régler.

J'en ai profité dès le premier soir pour me balader dans Palo Alto et je commence déjà à sentir le souffle de la liberté et l'envie de faire un petit road-trip en Californie avec ma "Lolomobile". C'est finalement la première voiture que je possède et j'espère qu'on va vivre de bons moments ensemble!

mardi 25 novembre 2008

Thanksgiving

Avant d'attaquer la dernière ligne droite avec la "dead week" et la semaine des "finals", Stanford accorde généreusement une semaine de vacances à ses étudiants pour fêter Thanksgiving en famille. Cette fête est célébrée le dernier jeudi du mois de novembre, l'un des rares jours fériés légaux aux USA, et les Américains font dans leur grande majorité le pont pour passer un weekend prolongé en famille. Le vendredi suivant Thanksgiving marque ainsi traditionnellement le début des achats de Noël, d'où son nom de "vendredi noir" car les magasins sont généralement pris d'assaut.

Le plus amusant est que les Américains que j'ai interrogés étaient incapables de me donner l'origine de Thanksgiving. Je ne vais toutefois pas leur jeter la pierre car je pense que la majorité des Français n'ont pas la moindre idée de la signification de Pâques ou de la Pentecôte, bien que la défense de ces acquis soit un objet de lutte farouche. J'ai donc mené ma petite enquête sur wikipedia et il se trouve que cette tradition remonte au périple des premiers pélerins puritains britanniques du Mayflower débarqués à Plymouth en 1620 où ils fondèrent une ville homonyme. Un hiver difficile et leur peu de connaissance en agriculture provoqua la mort de la moitié d'entre eux. Heureusement, le chef d'une tribu d'indiens apporta de la nourriture aux colons au printemps et leur enseigna quelques techniques. Lorque la première récolte fut obtenue à l'automne de l'année suivante, le gouverneur décréta trois jours de prière et invita les indiens et leur chef à venir partager leur repas en guise de remerciement et d'amitié. Des dindes et des pigeons furent servis à l'occasion. L'amitié entre colons et indiens a ensuite connu quelques péripéties au cours de l'histoire qui expliquent sans doute le trou de mémoire des Américains à ce sujet...


La fête a ensuite évolué rapidement vers une célébration à connotation religieuse pour remercier le seigneur des récoltes de l'année. La plupart des Etats américains l'ont peu à peu adoptée et Lincoln décida en 1863 que ce jour serait officiellement dédié aux prières et à Dieu dans l'ensemble du pays. Le congrès l'instaura définitivement comme jour férié en 1941.




Cette fête est aujourd'hui principalement l'occasion de se retrouver réunis en famille avant Noël autour d'un menu typique: la fameuse dinde avec farce accompagnée de "mash patatoes" et de légumes, puis la tarte à la citrouille que je n'ai pas encore eu l'opportunité d'essayer. Bref, le campus de Stanford paraît bien morose en ce début de semaine de Thanksgiving (les étudiants bénéficient de la semaine entière et pas seulement du jeudi et du vendredi) et j'ai hâte de partir mercredi soir à Seattle avec Mathilde. Je vous raconterai mon voyage dans un prochain article.