
Créée en 1967, cette compétition est un évènement majeur de la télévision américaine. L'engouement surréaliste qui l'entoure s'explique par le fait qu'il s'agit du seul championnat se terminant par un match couperet au suspense souvent haletant. Parmi les dix meilleurs audiences, on retrouve ainsi cinq Super Bowls ce qui montre la ferveur du public pour cette finale hors normes. Sa nototriété depasse même allègrement les frontières puisque chaque année près de 200 pays la retransmettent. Pour la France, après quelques années de bons et loyaux services de Canal+, c'est France télévison qui s'y colle. J'espère que cela ne correspond pas à la nouvelle politique culturelle de service public du groupe, d'autant plus que les audiences risquent d'être faibles dans un pays où le football a une toute autre signification.
Logiquement, le coût des annonces publicitaires atteint des sommets. Le secteur ne connaît pas la crise. Pour le Super Bowl de cette année, 90 % des spots publicitaires étaient déjà vendus au prix record de 3 millions de dollars pour 30 secondes une semaine avant le match, soit une augmentation de 11 % par rapport à 2008. Si quelques géants aux abois comme General Motors et FedEx ont fait l'impasse, on retrouve pêle-mêle des spots originaux et amusants de Coca, Mars, Budweiser (on peut difficilement envisager du sport en canapé sans une petite bière...), ou Audi. Dreamworks en collaboration avec Pepsi a même réalisé une pub en 3D (il faut juste récupérer un paire de lunettes disponible gratuitement dans des supermarchés).

On serait presque tenté de se demander si le sport joue encore un rôle dans cette grande messe médiatique. Agacé par la succession des pauses publicitaires toutes les 5 minutes et la mi-temps interminable avec le concert de l'inoxydable Bruce Springsteen, je serais tenté de répondre par la négative. Pour vous situer un peu le contexte, un match de football américain dure en théorie quatre périodes de 15 minutes. Mais les nombreux temps-morts à la fin de chaque phase de jeu, qui permettent de modifier la moitié de l'équipe (une équipe de football compte près de 40 joueurs sur la feuille de match) et de réfléchir à la stratégie, font durer le match près de trois heures. Heureusement que les pom-pom girls sont là de temps en temps pour égayer la rencontre. Car si les règles ne sont pas bien compliquées, le rythme haché de la partie est un redoutable remède contre les crises d'enthousiasme sportif. Seul intérêt, la fin du match offre souvent des rebondissements spectaculaires. Les retournements de situation sont fréquents et tout repose en fait principalement sur le talent du quaterback qui peut à lui seul sceller le sort d'un match. Ce fut le cas lors de la finale de cette année entre les Arizona Cardinales et les Pittsburgh Steelers. La fin de match fut complètement folle et déboucha finalement sur la victoire de Pittsburgh.

La meilleure solution est donc d'allumer sa télévision pour la dernière demi-heure. La fréquence des pauses publicitaires est même ralentie pour ne pas indisposer le spectateur, stressé par l'issue de la rencontre.
Mais le Super Bowl est avant tout un évènement à dimension sociale. Les Américains, de toutes générations se retrouvent pour l'occasion et discutent ensemble tout en regardant le match d'un oeil distrait et en grignotant des snacks. Ce trait culturel est typique des Etats-Unis et se retrouve aussi bien dans le sport (les matchs de base-ball durent également des heures et sont donc une occasion pour manger tous ensembles) que dans les spectacles culturels (j'ai déjà eu l'occasion il y a deux ans de pique-niquer en écoutant un concert de musique classique au Hollywood Bowl à Los Angeles).
Mes colocataires avaient ainsi invité une dizaine d'amis et j'ai quasiment passé plus de temps à discuter qu'à regarder le match. Et au risque de choquer les quelques fans de ce sport, je pense que je n'ai pas raté grand chose....

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